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Abdelkébir Khatibi : cheminement et empreintes

Argumentaire

Parce qu’il est né le jour de l’aïd-el-kébir, Khatibi se prénomme Abdelkébir. Entre la fête du sacrifice – ou la Grande Fête – et le sens qu’évoque son patronyme, il n’y pas de lien visible. C’est dans l’invisible, l’implicite ou la nécessité de la réinvention de soi que le jeune auteur flaire le lien. Il vouera toute sa vie à traquer le mystère dont il porte le sceau : un quêteur de signes qui, à son tour, laissera des empreintes de son passage, un penseur à la recherche d’une connexion avec le monde pour en saisir les sens, les significations et l’épaisseur anthropologique

L’écriture plurale de Khatibi déroute, dérange, interpelle du fait qu’elle se situe entre « recherche sociale et création littéraire ». On l’a qualifiée de « giratoire », de « volatile », d’« oblique »… car elle est travaillée en profondeur par une quête continuelle et un infatigable questionnement. Elle est à la fois exigence, ascèse et jouissance. En effet, écrire pour le penseur de l’aimance, c’est vivre l’expérience de l’écart et du décentrement, c’est être dans le risque du langage, de l’inconnu des formes à faire advenir, de l’ailleurs de la pensée. Qu’il soit poétique, narratif ou essayistique, le geste scriptural de Khatibi investit en permanence l’interstice de l’intellect et de l’affect. Le lire aujourd’hui, suppose un cheminement intellectuel similaire au sien. Cela implique la mise en tension des modes et des codes, la poursuite des traces et des empreintes pour lier ensemble ce que les systèmes et les idéologies séparent, catégorisent et figent. L’auteur fait rencontrer ce qui, sans le travail de l’aimance ne peut jamais être uni. « L’étranger professionnel » qu’il est, effrite les identités figées, et dans un mouvement d’empathie crée de nouveaux liens.

Interroger Khatibi à partir de son écriture, de ses lieux de langage, de son imaginaire, c’est tenter d’appréhender les « forces de vie » qui l’animent. Approcher cet univers d’« images », de « signes », de « traces », de « lettres », et de « marques », c’est tenter de mettre en lumière ce qui les unit souterrainement et s’aventurer à re-découvrir le  cheminement de la pensée, de l’émotion et du dire d’un auteur polygraphe.

L’empreinte laisse entendre une présence qui fut et qui n’est probablement plus. Ce qui reste du passage d’un être après son départ. C’est le signe d’un manque et la marque d’une absence. Mais cette marque est aussi comme une griffe qui fonde certains parcours. C’est cette double figure qu’il faut retrouver aujourd’hui, réexaminer, éclairer de nouveau comme héritage silencieux, héritage sans testament.

Par ce colloque, nous voulons rendre hommage à ce grand esprit qu’est Abdélkébir Khatibi, en commémorant le dixième anniversaire de sa disparition. Les spécialistes et les jeunes chercheurs qui s’intéressent à son œuvre sont invités à présenter des interventions dans les champs – non limitatifs – suivants :

1- Champs esthétiques : production et réception (arts; critique, littérature, …)

2- Pluralité des voix (langues; spiritualité, …)

3- Mutations et hybridité (société; corps; identité, …)

 

Dates to remember

Broadcast of the call for papers: end of August 2018

Deadline for submission of communication proposals: November 15, 2018

Notification of acceptance: November 30, 2018

Deadline for submission of final texts: 17 February 2019

Symposium: March 12th, 13th, 14th and 15th, 2019

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